Comment numériser les recettes manuscrites de ma grand-mère ?
Les cartons écrits à la main existent en un seul exemplaire, dans une seule maison. Voici comment les photographier et les transformer en recettes cherchables.

Dans cet article
Il y a une boîte de fer-blanc quelque part. Ou un cahier à spirale, ou une enveloppe pleine de cartons de trois par cinq pouces. L’encre du stylo à bille a pâli, il y a une tache de gras sur le pâté chinois, et la moitié des recettes sont écrites dans un raccourci que personne d’autre ne décode : « 1 t. de crème 15 % », « cuire jusqu’à ce que ce soit prêt ».
Le problème n’est pas que ces recettes ne soient pas numériques. C’est qu’il en existe un seul exemplaire, dans une seule maison, que personne ne peut y chercher quoi que ce soit, et qu’un dégât d’eau au sous-sol suffirait à les faire disparaître pour de bon.
Photographier n’est pas numériser
Le premier réflexe est de tout prendre en photo. C’est mieux que rien, et ça ne règle presque rien : une photo de carton devient une image de plus dans une pellicule qui en contient douze mille. Vous ne pouvez pas chercher dedans, vous ne pouvez pas la mettre dans un menu de la semaine, et vous ne pouvez pas en sortir une liste d’épicerie. Six mois plus tard, retrouver la tourtière demande autant de temps que d’ouvrir la boîte de fer-blanc.
Numériser une recette, au sens utile du mot, c’est en faire une recette structurée : un titre, une liste d’ingrédients, des étapes numérotées, un temps de cuisson, une photo. C’est cette structure qui permet ensuite de :
- chercher le mot « tourtière » et tomber dessus en deux secondes ;
- ranger les recettes par livre, par catégorie, par type de repas ;
- planifier la semaine en piochant dedans comme dans n’importe quelle autre recette ;
- générer la liste d’épicerie à partir du menu, sans rien recopier.
Autrement dit, la photo conserve. La transcription, elle, remet les recettes en service.
Les trois façons de s’y prendre
Une application de numérisation (Notes sur iPhone, Google Drive, les applications de scan) donne un PDF propre et parfois un bloc de texte reconnu. C’est excellent pour archiver, et ça s’arrête là : un PDF ne sait pas ce qu’est un ingrédient.
Une application de notes fonctionne très bien si vous acceptez de tout retaper à la main. Pour quarante cartons, comptez une soirée par dizaine.
Un gestionnaire de recettes est l’outil fait pour ça. Il en existe plusieurs, et ils ne se ressemblent pas. Paprika est probablement le plus connu : très complet, mais vendu séparément par plateforme (environ 5 $ sur mobile, 30 $ sur ordinateur), sans véritable version web et sans partage entre comptes. Plan to Eat est excellent pour la planification, mais n’offre aucun forfait gratuit permanent, à environ 49 $ par année. Samsung Food, l’ancien Whisk, est gratuit mais affiche de la publicité.
Origano prend le problème par l’autre bout : la recette écrite à la main est un cas de premier plan, pas une curiosité.
- L’import par photo lit l’écriture à la main et rend une recette structurée, pas un bloc de texte à découper vous-même.
- Jusqu’à six photos deviennent une seule recette, pour ce qui s’étale sur les deux côtés d’un carton ou sur deux pages de cahier.
- Ça se fait du téléphone, appareil photo en main, debout devant la boîte.
- Tout reste corrigible ensuite, ligne par ligne, dans un formulaire ordinaire.
- Tout est centralisé : une seule copie, sur le serveur, accessible de n’importe quel appareil, sans synchronisation à surveiller.
Une comparaison détaillée avec les six principaux concurrents se trouve sur la page des alternatives.
Comment numériser un carton, concrètement
1. Préparez la pile avant de commencer
Sortez les cartons de la boîte et mettez-les à plat. La lumière du jour vaut mieux que le plafonnier de la cuisine, et une surface unie vaut mieux que la nappe fleurie. Si un carton est écrit des deux côtés, gardez les deux faces ensemble : elles partiront dans le même import.
Décidez aussi tout de suite du nom du livre de recettes qui va les recevoir. « Recettes de grand-maman Thérèse » est un meilleur nom que « Importées ».
2. Photographiez la recette, recto et verso
Dans Origano, ouvrez la création d’une recette et choisissez l’onglet Importer depuis une photo. Sur un téléphone, le bouton appareil photo ouvre directement la caméra : vous photographiez le carton sans passer par la pellicule.
Une recette qui déborde ? Ajoutez une deuxième photo, jusqu’à six. Elles partent ensemble et reviennent sous la forme d’une seule recette : les ingrédients du recto et les étapes du verso sont recollés dans le bon ordre, et ce qui apparaît en double sur deux photos qui se chevauchent n’est gardé qu’une fois.
La première photo devient l’image de la recette. Le carton de votre grand-mère, son écriture et sa tache de gras, c’est ce que vous verrez sur la fiche.
3. Relisez la transcription
C’est la seule étape que vous ne pouvez pas déléguer, et elle prend une minute. Une écriture cursive de 1962 reste une écriture cursive de 1962 : vérifiez les quantités, les fractions et les abréviations maison avant d’enregistrer. Tout se corrige directement dans le formulaire, comme pour n’importe quelle recette tapée à la main.
C’est aussi le bon moment pour trancher les mystères. « Un verre de lait », si c’est 250 ml, il vaut mieux l’écrire maintenant que le redemander dans dix ans.
4. Rangez-la là où la famille ira la chercher
Trois niveaux de rangement, et chacun sert à autre chose. Le livre de recettes est la grande boîte : « Recettes de grand-maman ». Les catégories que vous créez vous-même sont les étiquettes fines : « Temps des fêtes », « Conserves », « Desserts de Pâques ». Le type de repas dit au générateur de menus qu’un gâteau aux fruits n’est pas un souper.
5. Écrivez ce qui n’était pas sur le carton
Le champ Notes existe pour ça. C’est là que va tout ce qui se transmettait à l’oral et qui disparaît en premier : que la pâte doit reposer une nuit, que la recette double mal, que c’est celle du réveillon et pas celle de tous les jours. Un carton dit quoi faire. Les notes disent comment ça se passait vraiment.
Ce que vous récupérez une fois la boîte vidée
Les recettes redeviennent cherchables. Un seul champ de recherche fouille toutes vos recettes en même temps, celles de la boîte de fer-blanc comme celles importées d’un blogue la semaine dernière.
Elles entrent dans la rotation. Une recette manuscrite transcrite est une recette comme les autres : le générateur de menus peut la tirer pour un mardi soir, et ses ingrédients s’additionnent à ceux du reste de la semaine dans la liste d’épicerie.
Elles s’impriment proprement. Chaque recette a une version imprimable dépouillée du reste de l’interface, ce qui règle le cas de la tante qui n’aura jamais de compte et qui veut la sienne sur papier.
Une copie qui ne vit plus dans une seule maison
C’est le vrai gain, et il vient avec le reste.
Vos recettes sont sur un serveur dont la base de données est répliquée en continu, avec un mois d’historique quotidien derrière. Il n’y a plus de copie unique à perdre.
Avec le forfait Pro, un livre de recettes se partage en permanence avec un autre compte : votre mère, votre sœur, vos enfants une fois grands. Tout le monde voit les mêmes recettes, et une correction faite une fois profite à chacun.
Combien ça coûte
C’est gratuit jusqu’à 50 recettes, sans carte de crédit, et l’import par photo est inclus dans le forfait gratuit. Une boîte de cartons familiale tient souvent au complet là-dedans.
Au-delà, le forfait Pro est à 30 $ USD par année, environ 2,50 $ par mois.
Aucune publicité, sur aucun des deux forfaits.
Par où commencer
- Créez un compte gratuit, ça prend une minute.
- Prenez le premier carton de la pile et importez-le par photo. Un seul, pour voir ce que ça donne.
- Créez le livre « Recettes de grand-maman » et videz la boîte, cinq cartons à la fois.
Le plus dur n’est pas la numérisation, c’est de commencer. Quarante cartons à cinq par soirée, c’est une semaine et demie, et ensuite ils existent pour de bon.
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